Attirer l’attention des investisseurs est une étape fondamentale pour toute startup en quête de financement. La clé réside dans la capacité à résumer l’essence de son projet de manière concise et percutante, en seulement quelques mots. Un pitch efficace en moins de 85 caractères doit captiver immédiatement.Pour cela, il faut se concentrer sur l’essentiel : que fait votre startup et pourquoi est-elle unique ? Un langage clair et direct, sans jargon inutile, est essentiel. Un bon pitch doit laisser une impression durable et susciter l’intérêt pour en savoir plus.
Comprendre l’importance du pitch
Le pitch, c’est ce moment bref où tout se joue. Présenter son projet, son entreprise ou son idée en quelques instants, sans perdre l’attention de l’auditoire, relève d’un vrai défi. L’exercice impose de faire ressortir la substance même de votre démarche sans se perdre en détails ou en complexité superflue.
Dan Roam, qui a signé Show & Tell, l’a bien compris : pour marquer les esprits, il faut conjuguer la force du récit et l’efficacité visuelle. Montrer, raconter, et toujours aller droit à l’essentiel. Cette méthode a séduit plus d’un entrepreneur pour sa capacité à structurer un discours avec clarté et impact.
Des acteurs comme Histoires de Slides et Success Partenaire ont d’ailleurs fait de l’accompagnement à la prise de parole et la création de présentations leur cœur de métier. Ils recommandent de s’attarder sur certains points clés pour construire un pitch solide :
- Mettre au clair le projet et ses véritables objectifs
- Faire ressortir ce qui distingue vraiment l’entreprise des autres
- Adopter un langage limpide, sans détour ni jargon inutile
La force d’un pitch, c’est cette capacité à donner envie d’en savoir plus. Un message limpide, court et bien ciblé, qui pousse l’auditeur à tendre l’oreille et à vouloir creuser. Travailler avec précision chaque mot, chaque tournure, permet à l’entrepreneur de se donner toutes les chances de séduire investisseurs et partenaires.
Structurer un pitch efficace
Un pitch percutant ne s’improvise pas. Il repose sur une structure qui guide l’auditeur à travers les points essentiels, sans digression ni flottement. Le pitch deck, ce support visuel qui accompagne la prise de parole, se compose en général d’une quinzaine à une trentaine de diapositives. Mais plus que la quantité, c’est la logique qui compte. Trois temps forts s’enchaînent : accroche, développement, et sortie marquante.
Accrocher dès le départ
La première impression se joue en moins d’une minute. L’elevator pitch, par exemple, impose de présenter son projet ou son entreprise en une trentaine de secondes. C’est le moment d’annoncer la couleur, de poser le décor et de donner à votre auditoire une raison de rester attentif.
Dérouler les points clés
Pour aller à l’essentiel, il est utile de s’appuyer sur une trame éprouvée :
- Problème : décrire clairement la difficulté rencontrée par votre cible
- Solution : montrer comment votre produit ou votre service y répond concrètement
- Marché : situer votre action dans un contexte, donner une idée du potentiel
- Traction : partager des résultats tangibles, des preuves (clients, chiffres, partenariats)
- Modèle économique : expliquer, simplement, comment votre activité crée de la valeur
Clore en donnant une direction
Un pitch n’a de sens que s’il provoque une suite. Terminez en exprimant clairement ce que vous attendez : une rencontre, un financement, un partenariat. N’ayez pas peur d’être explicite.
Les pitch decks d’Airbnb ou d’Uber ont fait date, non seulement pour leur efficacité, mais aussi parce qu’ils ont permis de mobiliser des millions. S’en inspirer, c’est se donner un cadre solide pour convaincre.
Adopter la bonne attitude lors de la présentation
Le fond ne fait pas tout : la forme compte, et même beaucoup. Dès les premiers instants, l’auditoire décide, souvent inconsciemment, s’il va vous suivre ou décrocher. Johan Sellitto, concepteur-rédacteur web chez ManagersEnMission, insiste : il faut savoir saisir l’attention à la seconde où l’on prend la parole. Un regard franc, une posture ouverte, une voix posée : autant de signaux qui renforcent la crédibilité de votre message.
Répéter son pitch, encore et encore, n’est pas une perte de temps. Cela permet d’être sûr de soi, d’éviter de trébucher sur un mot ou une phrase, et d’installer une fluidité naturelle dans le discours. S’exercer devant un miroir ou un petit groupe permet aussi de jauger l’impact de son message, d’ajuster le rythme, et de s’adapter à l’auditoire, car chaque public a ses codes.
Mieux gérer le stress
La nervosité, tout le monde y est confronté, surtout au moment de défendre un projet qui compte. Johan Sellitto propose plusieurs méthodes pour ne pas se laisser submerger :
- Prendre le temps de respirer profondément avant de démarrer
- S’imaginer réussir sa prise de parole pour installer la confiance
- Essayer des exercices de pleine conscience, pour rester ancré dans l’instant
Lors de conférences organisées par le Conseil Départemental de la Sarthe et ManagersEnMission, le volet mental de la préparation a été mis en avant. Ces initiatives rappellent qu’une bonne gestion du stress et une confiance en soi solide sont des leviers puissants pour réussir.
Restez fidèle à votre personnalité. Les décideurs détectent rapidement l’authenticité, tout comme ils repèrent les discours surjoués ou trop formatés. Bannissez le superflu et parlez avec conviction, sans chercher à impressionner à tout prix. La sincérité fait souvent mouche là où le jargon échoue.
Éviter les erreurs courantes
Valérie Pilon, qui intervient chez Success Partenaire, a pu constater combien certaines fautes récurrentes coûtent cher à ceux qui pitchent. Première erreur : vouloir tout dire. Ce réflexe brouille le message et fatigue l’auditeur. Il vaut mieux aller droit au but, en mettant la lumière sur ce qui rend votre proposition vraiment pertinente.
Garder un langage accessible
Un discours truffé de jargon technique a toutes les chances de perdre l’auditoire. Pour être compris, il faut savoir simplifier, quitte à recourir à une image ou à une analogie, si cela aide. Valérie Pilon conseille de s’assurer que chaque élément du pitch peut être saisi par quelqu’un qui découvre le secteur.
Bâtir une structure solide
Un pitch désordonné, c’est la porte ouverte à l’incompréhension. S’inspirer de la méthode présentée dans Show & Tell de Dan Roam permet de donner à son pitch une colonne vertébrale fiable. Quand chaque idée trouve sa place, l’impact est immédiat.
Répéter, mais sans tomber dans le récitatif
Préparer, c’est anticiper les hésitations, les trous de mémoire ou les imprécisions. L’équipe de Histoires de Slides recommande de s’entraîner devant un petit groupe pour recevoir des retours utiles et ajuster son discours. Attention toutefois à ne pas apprendre par cœur : un pitch trop récité paraît mécanique et finit par sonner faux.
La clé réside dans la justesse du ton et l’équilibre entre préparation et spontanéité. Un pitch vivant, incarné, ouvre bien plus de portes qu’un monologue figé. Rares sont les investisseurs qui restent insensibles à un entrepreneur qui sait raconter, convaincre et donner envie d’en savoir plus. L’avenir d’un projet tient parfois à quelques minutes bien menées : celles où, face à l’auditoire, tout devient possible.

